Mon avis sur Les Testaments, de Margaret Atwood

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Difficile de commercer cette chronique sans faire une ode au style de Margaret Atwood, l’autrice des Testaments, la suite de La Servante écarlate. J’aime TEL-LE-MENT son écriture. Elle est l’une des autrices anglophones que je préfère. (J.K. Rowling, je ne t’oublie pas, of course, d’ailleurs je cherche les mots depuis plusieurs mois pour parler de toi, mais c’est un autre sujet)

C’est donc avec régal que je me suis glissée sous un plaid moelleux pour savourer les subtilités stylistiques des Testaments. La plume est claire et directe. Margaret Atwood varie toutefois les rythmes, en laissant parfois le suspens s’installer, le temps d’une phrase ou deux. Elle va par exemple commencer à raconter les sensations vécues par un personnage lors d’un événement, avant de raconter l’événement lui-même. Oui, de fait le lecteur crève d’envie de savoir ce qui a bien pu se passer et est avide de lire la suite. Well done Margaret !

On retrouve aussi le côté piquant et doucement acerbe de sa plume. Elle sait provoquer le sourire chez son lecteur et manier l’ironie. Attention aussi aux ascenseurs émotionnels; c’est une pro du fameux rythme ternaire: elle fait monter la sauce en deux phrases ou propositions et elle la fait retomber d’un coup dans la troisième.

Elle réussit parfaitement à faire vivre ses personnages principaux, dont les trois narratrices de l’histoire. On cerne leur personnalité, on ressent à travers l’écriture l’arrogance de l’une, la peur de l’autre, la maîtrise de la troisième… J’ai lu pas mal de livres récemment qui utilisaient plusieurs narrateurs différents sur le long terme, et bien souvent ça a pêché car l’expression était trop similaire. Margaret Atwood évite cet écueil, évidemment.

Les scènes sont très bien racontées, j’étais quasiment paralysée pendant l’une d’elle, à l’image du personnage qui la vit. On voit, on entend, on sent la pression.

Pour ce qui est de l’histoire en soit (pas de panique, cette chronique est garantie 100% sans spoilers), je trouve que ça tient la route, que l’histoire permet d’en savoir plus sur le fonctionnement de Gilead. On reste autour des thèmes des droits des femmes, du sexisme, du courage, des personnages forts…  Ca tient ses promesses, après ça reste une suite, donc il n’y a pas la découverte de l’univers, ça peut sembler plus « plat » à certains.

Bref, c’est vraiment très bien écrit, on sait qu’on lit du Atwood et c’est un régal. Rien que pour cela, je vous le recommande TRES TRES TRES vivement. Si vous vous débrouillez en anglais, n’hésitez-pas à essayer de lire quelques pages, sans être une maestro de la langue de Shakespeare j’ai compris, le vocabulaire est courant et le style clair. Qui sait, vous pourrez peut-être l’apprécier dans sa version originale. Si vous ne lisez pas l’anglais, plus que quelques jours de patience, la version française sort jeudi 10 octobre.

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